Le Gap du Fini: Pourquoi le Cameroun Exporte la Valeur Brute et Importe la Gloire

2026-06-07

Au Cameroun, notre force réside dans l’extraction des matières premières et les premières étapes de la transformation. Nous coupons les grumes, produisons du bois scié, pompons du pétrole. Mais, bien souvent, le produit final—celui qui affiche la qualité, fait la renommée et rapporte le plus—nous échappe. Cette étape cruciale, appelée finition, est celle où la valeur ajoutée est réellement créée.

Prenons l’exemple du pétrole. Depuis un incendie en 2019, la seule raffinerie du pays, la SONARA, est à l’arrêt. Malgré un plan de relance ambitieux, le Cameroun a importé près de 1,8 million de tonnes de carburant sur les dix premiers mois de 2025—payant cher son incapacité à transformer localement. La nouvelle raffinerie de Kribi offre un espoir d’autosuffisance, mais rappelle que, sans capacité de finition, le Cameroun reste dépendant des prix internationaux.

Le même constat s’impose pour le bois et l’agriculture. Nous sommes leaders mondiaux dans l’export de grumes et de sciages, mais les meubles bien finis dans les showrooms sont souvent importés. Nos fèves de cacao et de café sont appréciées dans le monde entier, mais partent brutes, sans être transformées en produits à haute valeur ajoutée sur place. Le défi est majeur : combler le gap du fini, c’est retenir davantage de valeur et préparer la prospérité future du pays.

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