Acheter un smartphone au Cameroun exige désormais bien plus que comparer les caractéristiques ou les prix. Dès le 1er avril 2026, tous les téléphones, tablettes et appareils électroniques importés devront être enregistrés via un nouveau système douanier basé sur les IMEI. Annoncée par le ministre des Finances Louis Paul Motaze, cette réforme vise à endiguer la contrebande et récupérer des recettes fiscales cruciales. Depuis des années, des voyageurs contournaient les obligations déclaratives, important en toute discrétion des appareils onéreux, au détriment du Trésor public. Face à ces pertes massives, la Douane a décidé de réagir : non pas en créant un nouvel impôt, mais en numérisant la frontière.
La nouvelle plateforme CAMCIS exige désormais des importateurs la déclaration électronique des IMEI et le paiement en ligne des droits, étendant ainsi le contrôle des postes-frontières jusqu’aux étals et réseaux mobiles. Les vendeurs doivent fournir des outils de vérification aux acheteurs, pendant que ces derniers risquent des sanctions en cas d’acquisition d’un appareil non déclaré. Quelques exemptions apaisent la transition : les téléphones connectés avant le 1er avril sont dispensés, et les touristes bénéficient d’un délai de grâce. Alors que vendeurs et clients s’adaptent à ce nouveau dispositif, la frontière numérique du Cameroun devient déjà réalité.
